Tours : Evacuation du campement !

Le campement qui rassemblait des migrant au Sanitas a été évacué lundi dernier, le 31 août.

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http://larotative.info/le-campement-de-migrants-du-1143.html

Vous retrouverez d’autres articles sur le site de La Rotative.

http://larotative.info/reactions-a-l-evacuation-par-les-1145.html

En attendant, un rendez-vous est donné le dimanche 6 septembre à 15 heures devant l’hôtel de ville de Tours avec banderoles, pancartes, etc.

Angers accueille les touristes mais expulse les migrants.

Lettre ouverte aux instances locales qui ont exécuté l’avis d’expulsion de la Petite Pignonnière. Ils se reconnaîtront…

La réquisition de la Petite Pignonnière, située près du Biopôle, a pris fin ce jeudi 20 août. Une vingtaine de personnes somaliennes se sont vues contraintes de quitter la maison pour rejoindre la rue.

Quelle audace, après deux jours de tergiversations bureaucratiques, le couperet est tombé. Il est fatidique, inhumain, brutal, cynique et cruellement politique. Politique, un mot qui a perdu tout son sens étymologique. Il suffit de regarder les décisions politiques prises chaque jour.

Quelle brutalité que d’expulser, d’ordonner que ces personnes quittent leur habitat aussi précipitamment. Certes une décision judiciaire avait été prise mais quelle était l’urgence pour Angers Loire Métropole de récupérer si rapidement ce bien. Certains habitants vivaient dans cette maison depuis 6 mois. 6 mois durant lesquels ils ont tissé des liens avec l’agglomération angevine, prenant des cours de français à Bouchemaine ou à Saint Barthelemy d’Anjou, allant et revenant incessamment entre Angers et ses dédales administratifs et leur hébergement, certes provisoire, mais bien réel, dans lequel ils pouvaient espérer un peu de réconfort.

Vous avez décidé de leur demander de retourner dormir dehors, de ne pas avoir d’espace à soi, pour poser ses affaires, vivre, se sentir en sécurité, pouvoir se reposer mais aussi s’alimenter, se doucher. Tant de choses qui nous paraissent si banales. Ainsi, Vous, les politiques, vous êtes les seuls à ne pas savoir, à ne pas connaître leurs histoires, à vouloir ignorer ce qui est devant vous, devant vous yeux. Vous feignez l’ignorance et affirmez le principe de réalité, le droit de propriété est un bien beau prétexte. Bien. Mettez les à la rue si tel est votre souhait et votre conception de la politique…

Il est vrai que ces migrants somaliens n’ont guère besoin d’une telle propriété. Autant qu’ils aillent grossir les rangs des personnes dormant à la gare et ses alentours, ou encore ceux des personnes qui n’ont pu entrer à Rouchy… Bonne idée. Une idée lumineuse.

Vous avez raison, continuez dans cette voie. Il n’y a pas meilleure façon de les aguerrir à la vie administrative française et à toutes les tracasseries qui énervent tout à chacun. Après tout, le droit d’asile c’est pas non plus primordial. Faudrait être bête pour imaginer que le respect des textes internationaux et des législations en vigueur ne soit pas votre souci majeur. Il en va d’une question éthique dans la manière de considérer les migrants. Vous avez sans doute décidé d’user de cette catégorie pour oublier que ce sont des personnes, que leur présence, ici, qu’elle vous dérange et vous incommode, elle est bien réelle, et vous pourrez toujours les déplacer à votre guise mais ça ne changera rien aux problèmes multiples auxquels eux doivent faire face. Et que les vôtres sont bien accessoires en comparaison.

Un peu d’initiative aurait fait du bien en ces temps moroses. Mais faut croire que tout se perd, même en politique. Non, et puis ces réfugiés, c’est bien à la télévision, mais du côté du Biopôle, et ailleurs, on n’en veut pas.

Même chose pour nos amis rroms de la Roseraie, qui à l’image de nos camarades somaliens, se sont vus contraints de quitter leur hébergement pour rejoindre les ponts, et ce n’est pas une métaphore, ils vont bien s’abriter sous les ponts. Sont sympas les bidonvilles d’Angers en 2015. Quelle contribution des politiques locales. Heureusement, la marque Angers Loire Valley ne souffrira aucunement de cette expulsion. Chut, on n’en parle pas. Faut pas trop non plus que ça se sache.

Nous aurions aimé, Monsieur Béchu, en particulier que vous répondiez favorablement à notre demande d’entrevue. Peut-être aurions pu avancer quelques arguments afin de modifier votre vision de la situation.

C’est ainsi. Éternel recommencement. Cela fait déjà de trop nombreuses années que les expulsions se succèdent sans qu’aucune solution pérenne ne soit mise en place. De la tristesse. Du regret. Un sentiment de gâchis. De la colère aussi face à une telle méprise totale des obligations légales et éthiques.

Nous leur devons protection !

La Petite Pignonnière : Expulsion Imminente !

Au cœur de l’été et quelques semaines avant la rentrée, Angers Loire Métropole, avec à sa tête Monsieur Béchu, souhaite mettre à exécution l’avis d’expulsion rendu en sa faveur par le tribunal d’instance. L’expulsion devrait avoir lieu très prochainement et se traduira par la mise à la rue d’une quinzaine de migrants somaliens.

C’est ainsi que le gouvernement actuel, comme les précédents, avec la collaboration des instances locales, piétine allègrement le droit d’asile. Car bien au-delà de la question de l’hébergement et de l’occupation d’une maison vide, l’expulsion montre le vrai visage des politiques actuelles.

A l’image des autres réquisitions qui ont pu avoir lieu ces dernières années, les bâtiments seront vidés de leurs habitants, murés afin de rendre impossible le retour des personnes puis, dans la majorité des cas, laissés à l’abandon. Les habitants devront se débrouiller par eux-mêmes, certains retourneront à la rue, montrant ainsi le cynisme des politiques actuelles. Certains iront peut-être même frapper au portail des préfabriqués de Rouchy, malgré le caractère indigne et insalubre de cet espace.

Au lieu de laisser ces personnes vivre dans cette maison qui aujourd’hui n’a aucune vocation, Monsieur Béchu préfère sûrement les voir errer dans ces rues.

Aussi, à compter d’aujourd’hui, nous appelons toutes les personnes qui refusent cette décision et qui souhaitent apporter leur soutien aux migrants de venir sur place avant et pendant l’expulsion. La Petite Pignonnière possède un grand terrain qui peut accueillir des tentes et des campements. A défaut de vivre dans une maison, vivons en plein air !

Pour rappel, un lien vers une vidéo réalisée fin mai.

La Petite Pignonnière, première maison à droite juste après le BioPôle en direction du Plessis-Grammoire. Ligne de bus 10.

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Pas de délai pour les habitants de la Petite Pignonnière

En date du 9 juillet, le JEX (le Uge aux Exécutions) a décidé de n’accorder aucun délai aux habitants de la Petite Pignonnière. Le statut spécifique de demandeur d’asile n’a pas été pris en compte dans les différents jugements. L’expulsion peut avoir lieu dès que le Président de la Communauté d’Agglomération Angers Loire Métropole, Christophe Béchu, en lien avec la Préfecture, souhaiteront mettre à éxécution le jugement précédemment rendu, à savoir que les personnes somaliennes qui ont trouvé refuge à la Petite Pignonnière doivent quitter les lieux.

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LA LETTRE DE RUTH, ANGOLAISE, 15 ANS A FRANCOIS HOLLANDE

Si vous consultez le blog régulièrement, vous avez pu recevoir des infos concernant une jeune fille scolarisée au Collège de la Venaiserie et qui est menacé d’expulsion. La mobilisation se poursuite. Nous relayons une lettre qu’elle a adressé au Président de la République.

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Depuis 1 an, nous nous battons pour obtenir la régularisation de notre élève et de sa mère. Suite à des persécutions politiques, elles ont dû fuir l’Angola il y a 3 ans et sont aujourd’hui expulsables à tout moment. Ruth passera son Brevet des Collèges dans une semaine. Elle a écrit une lettre à François Hollande pour qu’enfin sa situation puisse changer et qu’elle puisse sereinement vivre ici. Les enseignants du collège La Venaiserie à Saint Barthelémy d’Anjou.( Maine-et-Loire)

De Ruth  Simone Baptista

Le 09 juin 2015

A Angers

Pour le Président de la République Française,  François Hollande.

Monsieur le Président,

Je m’appelle Ruth Simone Baptista,  j’ai 15 ans, j’habite à Angers avec ma sœur et ma mère. Cela fera trois ans que ma famille et moi nous sommes réfugiées en France.

Avant, j’habitais en Angola avec ma mère, ma grand-mère et mes sœurs jumelles, mes frères habitaient déjà chacun dans leur coin mais étaient tous les jours à la maison. J’allais à l’école et à l’église tous les jours, j’aimais rester dans ma chambre que je partageais avec mes sœurs et écrire mes histoires, réfléchir…

Dans mon pays, cela fait plus de trente ans que le même parti et le même président sont au pouvoir, le peuple en a assez et mes frères aussi, ils ont donc fait des manifestations et incité les gens à les suivre. Cela a engendré de telles conséquences sur nos vies qu’on a été obligé de fuir et de venir en France. Pourquoi la France ? Honnêtement je ne sais pas, j’évite de demander ces choses à ma mère.

Arrivées ici, nous ne connaissions personne bien sûr, nous étions perdues et nous avons dormi un mois dans la rue. Après avoir reçu des aides nous avons été logées et j’ai commencé à aller en cours en 5e au collège La Venaiserie à St Barthélémy d’Anjou.

Comment se lever tous les jours pour aller en cours si on n’arrivait pas à dormir, si à chaque fois j’avais peur qu’ils nous retrouvent, qu’ils viennent?(les policiers de mon pays). Je ne comprenais pas pourquoi j’allais en cours en quoi cela allait résoudre nos problèmes. Alors, j’ai décidé de jouer le jeu, le jeu d’être une fille normale, de me faire des amis, d’aller me balader, d’être une bonne élève comme d’habitude et de faire de la danse. Mais ma mère n’arrivait pas à jouer ce jeu, elle était obsédée à retrouver mes frères , elle cherchait n’importe quelle information sur le net, elle avait des cauchemars, insomnies. C’était très dur pour moi de la voir ainsi.

Avant on était une famille dans une maison, maman travaillait, on allait à la plage tous les week-end, mes sœurs et moi on allait en cours comme tout le monde, on avait des amis. Rien ne nous manquait , on ne mourrait pas de faim, on n’était pas dans le besoin.

Grâce à Dieu ma sœur nous a rejoint mais nous voilà maintenant sans rien, sans maison, sans futur, seules les aides des professeurs et des gens de bon coeur pour nous aider à tenir…Oui ! On nous a demandé de quitter la France mais pour aller où ? On n’a plus rien en Angola, plus d’emploi, plus de maison, on n’existe plus, on n’a le droit à plus rien. Mais là-bas, on nous attend, mais pas pour de bonnes choses.

Je ne veux pas rentrer, je ne veux pas partir d’ici, j’ai une famille, des amis, un futur. Je veux être médecin, j’irais au lycée en septembre, je veux soigner les gens, réunir des familles, les voir sourire, me voir sourire. Je veux enfin pouvoir vivre.

A cause de ma situation, je n’ai pas pu voyager en Allemagne avec mes camarades, je ne comprends pas pourquoi jusqu’à aujourd’hui pourquoi je n’ai pas pu y aller, connaître une autre culture, améliorer mon allemand comme les autres ? En quoi cela est-il dangereux ? Je suis resté seule quand ils sont partis, j’ai beaucoup pleurer , beaucoup, ça m’a brisé le coeur, peut-être que vous ne comprenez pas mais j’ai travaillé autant que les autres, j’y ai cru jusqu’au dernier moment et je suis restée, seulement par le fait de ne pas être française, de ne pas avoir de papiers, je suis quoi alors Monsieur ? Je suis qui ? On nous a dit de quitter l’appartement où on nous avait logées donc plus de toit alors je n’ai pas pu avoir de correspondante non plus, je n’ai pas demandé le pourquoi mais je me suis dit que c’était ça. Alors de mon propre gré, j’ai refuser de les accompagner découvrir  Angers, c’était trop dur, faire quoi si je n’avais pas de correspondante ?

Vivre cette vie est très dur, insupportable en vérité, je vous le dis, Monsieur, je suis épuisée, mon cerveau, mon corps, veulent du repos. Je veux juste aller en cours, que ma mère ait un emploi, reprendre mes cours de danse classique que maman ne peut plus payer, avoir une maison, une chambre, un chien, je veux pouvoir aller en vacances comme tous les français, faire un échange scolaire avec un pays, je veux aussi travailler bientôt, aider ma mère à payer mes études, je pense que dans toutes mes envies et espoirs, il n’y a rien qui puisse nuire à ce pays. « Le corps est faible mais l’esprit est fort »( dit la Bible) J’évite de penser à tout ce qui c’est passer , à mes frères, sinon je ne pourrais pas vivre, mais ça ne veut pas dire que j’ai oublié.

Monsieur le Président si vous avez lu cette lettre jusqu’ici, je voudrais vous dire la chance que vous avez d’être Président de ce pays, son peuple est très gentil, très solidaire, avec une histoire admirable.

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de me lire.

Ruth

URL source: http://blogs.mediapart.fr/blog/resf/200615/la-lettre-de-ruth-angolaise-15-ans-francois-hollande

La Petite Pignonnière ouvre ses portes le 30 mai

Le Tribunal d’Instance vient de prononcer deux jugements d’expulsion des lieux à l’encontre de personnes actuellement hébergées dans deux maisons, propriété d’Angers Loire Métropole.

Concernant la maison occupée par des familles rroms de Roumanie un délai de trois mois vient d’être accordé par le juge d’exécution à la suite d’un recours du collectif.

Concernant la maison occupée par des personnes somaliennes, l’expulsion est possible à partir du 29 mai. Cette maison est située près de l’usine de traitement des déchets ménagers (Biopole) qui vient de cesser son activité pour des raisons de nuisance au voisinage et de sécurité des employés (motifs qui ont amené Angers Loire Métropole à proposer le rachat des maisons du voisinage).

Le collectif engage actuellement une action auprès du juge de l’exécution aux fins d’obtenir un délai supplémentaire.

Afin de s’opposer à ces expulsions de personnes qui ont quitté leur pays pour des raisons de sécurité et de survie, nous prévoyons un grand rassemblement le samedi 30 mai à partir de 12 heures avec un repas partagé sorti du sac.

Ce rassemblement s’adresse à toutes personnes souhaitant exprimer son soutien aux habitants et son désaccord des politiques d’exclusion menées à l’échelle nationale comme à l’échelle locale et du non respect des droits fondamentaux.

RENDEZ VOUS SAMEDI 30 MAI VERS MIDI

à la PETITE PIGNONNIÈRE

BOULEVARD de la ROMANERIE à ST BARTHELEMY D’ANJOU

                    PREMIER MAISON SUR LA DROITE APRÈS L’ARRET DE BUS BIOPOLE LIGNE 10

        DIRECTION PLESSIS GRAMMOIRE SORTIE 16

 

Coordonnées :

Pierre Jean : 06 83 87 32 28

Jacques: 06 89 06 34 36

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