Au gré du vent….

Comme nous vous l’annoncions, désormais les collectivités locales, les mêmes qui pendant des années ont réitéré les mêmes arguments pour légitimer l’évacuation des réquisitions, sont désormais favorables à l’accueil de réfugiés (article Ouest France).

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http://www.ouest-france.fr/angers-refugies-lagglo-prete-accueillir-une-vingtaine-de-familles-3697366

Dans un tel contexte, on ne peut qu’être optimiste sur la manière dont la demande réouverture de la Petite Pignonnière sera étudiée.

Cela fait chaud au coeur !

Pour la (ré)ouverture de la Petite Pignonnière

La Petite Pignonnière, rappelez-vous ! Une belle maison abandonnée par son propriétaire, à savoir l’Agglomération Angers Loire Métropole.

Durant plusieurs mois, environ 15 personnes avaient élu domicile dans cette demeure, dans l’attente de nouveaux rendez-vous administratifs et d’éventuelles avancées quant à leur situation. Faisant suite à une décision de justice, le 20 août dernier, l’expulsion des habitants s’est concrétisée et une vingtaine de personnes ont dû quitter ces lieux, qui étaient devenus les leurs, pour se réfugier dans les squares, les halls d’immeuble, les préaux, ou autres interstices de la vie urbaine.

En lien, le communiqué diffusé le soir de l’expulsion.

https://cssp49.wordpress.com/2015/08/20/angers-accueille-les-touristes-mais-expulse-les-migrants/

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REPRIS PAR AUTORITÉ DE JUSTICE

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UNE MAISON VIDÉE DE SES HABITANTS

Après plusieurs, jours, nous ne pouvons constater que les incidences négatives dans la mesure où ces personnes ont dû trouvé refuge là où elles le pouvaient. Parallèlement, la maison est entièrement close alors qu’aucun projet n’est à venir la concernant.

Aujourd’hui, le contexte médiatique ambiant laisse entrevoir une timide prise de conscience de la situation internationale. Mais il faudra sans doute plus qu’une photographie pour que tout ce qui se passe en matière d’immigration et de droit d’asile puisse se transformer profondément.

Dans ce contexte, la réouverture de la Petite Pignonnière doit être exigée afin de pouvoir mettre des personnes à l’abri, qu’elles soient syriennes, irakiennes ou somaliennes. Les pays concernés par la guerre sont bien trop nombreux et de nombreuses populations vivent dans la terreur permanente, et dans un extrême dénuement.

Tout est une question de vision du monde. A chacun la sienne.

Angers accueille les touristes mais expulse les migrants.

Lettre ouverte aux instances locales qui ont exécuté l’avis d’expulsion de la Petite Pignonnière. Ils se reconnaîtront…

La réquisition de la Petite Pignonnière, située près du Biopôle, a pris fin ce jeudi 20 août. Une vingtaine de personnes somaliennes se sont vues contraintes de quitter la maison pour rejoindre la rue.

Quelle audace, après deux jours de tergiversations bureaucratiques, le couperet est tombé. Il est fatidique, inhumain, brutal, cynique et cruellement politique. Politique, un mot qui a perdu tout son sens étymologique. Il suffit de regarder les décisions politiques prises chaque jour.

Quelle brutalité que d’expulser, d’ordonner que ces personnes quittent leur habitat aussi précipitamment. Certes une décision judiciaire avait été prise mais quelle était l’urgence pour Angers Loire Métropole de récupérer si rapidement ce bien. Certains habitants vivaient dans cette maison depuis 6 mois. 6 mois durant lesquels ils ont tissé des liens avec l’agglomération angevine, prenant des cours de français à Bouchemaine ou à Saint Barthelemy d’Anjou, allant et revenant incessamment entre Angers et ses dédales administratifs et leur hébergement, certes provisoire, mais bien réel, dans lequel ils pouvaient espérer un peu de réconfort.

Vous avez décidé de leur demander de retourner dormir dehors, de ne pas avoir d’espace à soi, pour poser ses affaires, vivre, se sentir en sécurité, pouvoir se reposer mais aussi s’alimenter, se doucher. Tant de choses qui nous paraissent si banales. Ainsi, Vous, les politiques, vous êtes les seuls à ne pas savoir, à ne pas connaître leurs histoires, à vouloir ignorer ce qui est devant vous, devant vous yeux. Vous feignez l’ignorance et affirmez le principe de réalité, le droit de propriété est un bien beau prétexte. Bien. Mettez les à la rue si tel est votre souhait et votre conception de la politique…

Il est vrai que ces migrants somaliens n’ont guère besoin d’une telle propriété. Autant qu’ils aillent grossir les rangs des personnes dormant à la gare et ses alentours, ou encore ceux des personnes qui n’ont pu entrer à Rouchy… Bonne idée. Une idée lumineuse.

Vous avez raison, continuez dans cette voie. Il n’y a pas meilleure façon de les aguerrir à la vie administrative française et à toutes les tracasseries qui énervent tout à chacun. Après tout, le droit d’asile c’est pas non plus primordial. Faudrait être bête pour imaginer que le respect des textes internationaux et des législations en vigueur ne soit pas votre souci majeur. Il en va d’une question éthique dans la manière de considérer les migrants. Vous avez sans doute décidé d’user de cette catégorie pour oublier que ce sont des personnes, que leur présence, ici, qu’elle vous dérange et vous incommode, elle est bien réelle, et vous pourrez toujours les déplacer à votre guise mais ça ne changera rien aux problèmes multiples auxquels eux doivent faire face. Et que les vôtres sont bien accessoires en comparaison.

Un peu d’initiative aurait fait du bien en ces temps moroses. Mais faut croire que tout se perd, même en politique. Non, et puis ces réfugiés, c’est bien à la télévision, mais du côté du Biopôle, et ailleurs, on n’en veut pas.

Même chose pour nos amis rroms de la Roseraie, qui à l’image de nos camarades somaliens, se sont vus contraints de quitter leur hébergement pour rejoindre les ponts, et ce n’est pas une métaphore, ils vont bien s’abriter sous les ponts. Sont sympas les bidonvilles d’Angers en 2015. Quelle contribution des politiques locales. Heureusement, la marque Angers Loire Valley ne souffrira aucunement de cette expulsion. Chut, on n’en parle pas. Faut pas trop non plus que ça se sache.

Nous aurions aimé, Monsieur Béchu, en particulier que vous répondiez favorablement à notre demande d’entrevue. Peut-être aurions pu avancer quelques arguments afin de modifier votre vision de la situation.

C’est ainsi. Éternel recommencement. Cela fait déjà de trop nombreuses années que les expulsions se succèdent sans qu’aucune solution pérenne ne soit mise en place. De la tristesse. Du regret. Un sentiment de gâchis. De la colère aussi face à une telle méprise totale des obligations légales et éthiques.

Nous leur devons protection !

Observatoire de l’enfermement des migrants

CP OEE final

Communiqué de presse

23 juin 2015

L’autre face du plan Cazeneuve : enfermer toujours plus les personnes migrantes :

Les mesures prises en urgence par le gouvernement, pour pallier le scandale public des conditions d’accueil des migrants rescapés des drames aux frontières de l’Europe, s’accompagnent d’un volet répressif que l’Observatoire de l’enfermement des étrangers entend dénoncer.

Prétendant « doser accueil des réfugiés et fermeté », le ministre annonce « une mobilisation de nos forces, de nos préfets pour interpeller davantage, faire des procédures et placer ceux qui doivent l’être en rétention », ajoutant qu’il entend « optimiser les capacités de rétention administrative ». Il s’agit d’enfermer pour tenter d’expulser toujours plus de migrants, une fois le tri effectué entre les présumés demandeurs d’asile et les autres.

Cette opposition de principe entre deux catégories figées, migrants économiques ou réfugiés, traduit une vision binaire réductrice et simpliste de la réalité des mouvements migratoires actuels. Elle conduit à faire subir à des milliers de personnes la violence de l’enfermement et d’une expulsion, ou de sa menace, au détriment de leurs droits fondamentaux et ne répond manifestement pas aux défis posés par les questions migratoires en France et en Europe aujourd’hui.

Flagrante illustration des abus et de l’absurdité de cette politique, des Érythréens, des Soudanais, des Afghans sont quotidiennement interpellés puis conduits de force en centres de rétention. Dernier épisode en date, le placement en rétention d’une quarantaine de ces ressortissants arrêtés à Calais jeudi 18 juin. Réfugiés en puissance, certains cherchent asile ailleurs qu’en France, d’autres n’ont pas pu déposer de demande avant leur interpellation. Ces tentatives d’expulsion sont vouées à la condamnation désormais habituelle des juridictions administratives, judiciaires ou de la Cour européenne des droits de l’homme. Ces personnes seront sans doute relâchées après avoir subi une privation de liberté abusive et la perspective angoissante d’une expulsion vers leur pays. Pour rien.

Nous sommes loin des assurances du gouvernement qui parle de mesures prises « dans le strict respect des droits et du droit de ceux qui ont été poussés sur les chemins de l’exode »

Les associations de l’OEE dénoncent depuis plusieurs années le caractère abusif que revêt ce recours à l’enfermement administratif et les violations graves et récurrentes qu’elle entraîne à l’encontre des droits des ressortissants de plus de 100 pays. Elles rappellent que ces mesures graves de privation de liberté ont concerné près de 50 000 personnes chaque année en métropole et Outre-mer. Un chiffre sans commune mesure avec ce qui se passe dans d’autres pays européens et qui n’a fait que s’accroître avec l’actuel gouvernement.

A l’heure où le projet de loi immigration arrive en discussion devant l’Assemblée nationale, ce choix du gouvernement de recourir plus encore à l’enfermement des migrants est un très mauvais signe. Le projet de loi contient des dispositions qui dotent les préfets de pouvoirs coercitifs augmentés pour enfermer, assigner à résidence et expulser en contournant les recours à la justice. Allant en sens contraire des engagements pris par le candidat Hollande, cette politique ne fait que conduire à la banalisation de cette politique d’enfermement.

L’OEE appelle à la fin de cette politique d’enfermement, emblématique des pratiques administratives les plus abusives,  et demande aux parlementaires de replacer au cœur de ces dispositions le respect des droits et de la dignité des personnes.

Organisations signataires membres de l’OEE:

ACAT-France, Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), COMEDE, FASTI, Genepi, GISTI, La Cimade,

Ligue des droits de l’homme, MRAP, Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau, Revue Pratiques,

Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat de la médecine générale (SMG)

L’Observatoire de l’Enfermement des Étrangers (OEE) regroupe des associations et syndicats et propose une réflexion critique sur les conséquences de l’enfermement sur les personnes étrangères en France.

Contre les naufrages en Méditerranée : mobilisons-nous !

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Ci-dessous, un communiqué de l’UCIJ, Uni-e-s Contre une Immigration Jetable :

Aux nombreux cadavres de migrants qui flottent chaque jour en mer Méditerranée, le sommet extraordinaire de Bruxelles qui a réuni les chefs d’État répond par le renforcement de l’arsenal sécuritaire et des moyens financiers de FRONTEX.

Ainsi, les États membres de l’UE donnent clairement priorité au contrôle des frontières et des eaux territoriales aux dépens des vies humaines.

En France, de nombreuses associations signataires de l’appel « Contre les naufrages en Méditerranée : des ponts, pas des murs ! », appellent citoyens et acteurs de la société civile à se mobiliser contre l’inhumaine politique migratoire de l’Union Européenne.

Les mobilisations auront lieu du 20 au 30 mai, avec un temps fort prévu le vendredi 22 Mai.

L’UCIJ appelle tous ceux et celles qui pensent qu’une autre politique migratoire, respectueuse des droits humains, empreinte de solidarité est possible et nécessaire à se mobiliser le Vendredi 22 Mai.

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Rapport du Commissaire aux Droits de l’Homme…

Récemment, nous avons évoqué à plusieurs reprises un rapport concernant les graves manquements de l’Etat Français à l’égard des migrants et des demandeurs d’asile.

Nous vous donnons un nouveau lien pour y avoir accès, le précédent ayant connu quelques bugs.

https://passeursdhospitalites.files.wordpress.com/2015/03/commdh20151f_france.pdf

Merci au blog « Passeurs d’Hospitalités » qui figure d’ailleurs dans notre blogliste.

Rapport du Commissariat aux Droits de l’Homme au Conseil de l’Europe

Pour mieux saisir les enjeux de la convocation au tribunal des habitants de la Pignonnière, vous trouverez en lien le rapport du Commissaire aux droits de l’Homme rendu public le 17 février 2015 qui confirme (entre autres) que les manquements répétés de l’État français aux normes communes (aux états membres) des conditions matérielles d’accueil des demandeurs d’asile ne sont pas conjoncturelles mais bien structurelles comme nous n’avons cessé de le répéter depuis plusieurs années…

https://passeursdhospitalites.files.wordpress.com/2015/03/commdh20151f_france.pdf

Nous attirons une nouvelle fois votre attention sur le fait que, en ce qui concerne les demandeurs d’asile, le logement n’est pas un droit à valeur constitutionnelle mais une obligation internationale; que dans le cas d’espèce des demandeurs d’asile la question du logement est de la compétence du Droit communautaire européen et non du « droit commun » national; que dans ce cadre juridique ( le « paquet asile » émanant conjointement du parlement européen et du Conseil de l’Europe) et le logement durable et stable étant une OBLIGATION d’État, les DA n’ont pas à téléphoner au « 115 » mais, comme le souligne le rapport, ont leurs propres structures d’accueil, les CADA. Cette « égalité » mise en avant pour légitimer l’appel au « 115 » n’est qu’une mise en concurrence entre les étrangers et les SDF et ne peut que renforcer la xénophobie et le racisme déjà trop répandus dans les discours politiciens et les médias nationaux. J’avais envoyé un courrier dans ce sens à Monsieur Samuel, prédécesseur de Mr Burdeyron au poste de préfet représentant l’État.

Manifestement, il n’en avait pas été tenu compte.

L’audience qui s’ouvre ce MARDI 3 MARS au Tribunal d’Instance du Bd Coubertin à 14 Heures revêt donc une importance particulière où les contradictions de l’État de droit tel qu’il est et tel qu’il devrait être appliqué vont pouvoir se manifester.

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Attention : Le tribunal d’instance se trouve Boulevard Pierre de Coubertin.

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