Un article approximatif et orienté

Nous publions l’article suivant (paru dans Ouest France le 8 février) tout en dénonçant son contenu approximatif et orienté.

Article OF 8 Février

Approximatif et orienté dans la mesure où la journaliste met côte à côte des publics qui ne relèvent pas des mêmes dispositifs. Pour rappel, les demandeurs d’asile relèvent de dispositifs spécifiques. Ils n’ont pas à faire appel au 115 mais dans la mesure où  l’Etat et donc la Préfecture ne font pas leur job, les voilà contraints de solliciter ce dispositif.

L’article laisse supposer que le 115 serait saturé par la présence des demandeurs d’asile. Rappelons une fois encore qu’être demandeur d’asile c’est demander la protection à un pays. C’est une situation administrative précise, cela signifie que le demandeur d’asile a déposé une demande auprès de l’OFPRA (organisme chargé d’étudier la demande). En ce sens, l’Etat qui reçoit la demande doit mettre en place un accompagnement et permettre à ces personnes de vivre dignement. Comme vous le savez bien, c’est loin d’être le cas et ce depuis de nombreuses années maintenant.

Les réquisitions sont une conséquence de l’inertie des pouvoirs publics et une réponse pour permettre à ces personnes de se mettre à l’abri.

La journaliste reprend les propos de Philippe BRADFER, directeur de la Cohésion Sociale du Maine-et-Loire. Ce dernier semble se satisfaire de l’installation des préfabriqués de Rouchy. Nous imaginons que la journaliste, pour confronter ce discours, est allée voir ce qu’il en était à Rouchy. Il faut être malveillant ou particulièrement cynique pour oser dire que ce lieu est organisé et propre. Il renchérit en insistant sur le bien fondé de ce lieu qui a le mérite d’exister. C’es totalement inacceptable et proprement scandaleux de tenir de tels propos.

Les personnes qui ont pu se rendre sur ces lieux les condamnent fermement. Des travailleurs sociaux ont démissionné de leurs postes pour des questions d’éthique. De l’extérieur, ces préfabriqués entourés de grilles ressemblent davantage à un espace clos où les plus démunis sont en quelque sorte enfermés mais seulement la nuit. Le jour, ils peuvent se promener en toute liberté. D’ailleurs, n’est-ce pas, pour les pouvoirs publics, une manière de se dédouaner en soulignant l’intérêt d’un tel lieu.

En voulant, dans le même article, aborder la réquisition d’un côté et de l’autre l’hébergement d’urgence, c’est une manière subtile de vouloir montrer que le nécessaire est fait, que l’Etat, via la Préfecture, n’a rien à se reprocher. L’article se termine avec une litanie de chiffres montrant bien à quel point tout cela coûte cher.

Madame la journaliste, il faudra approfondir davantage vos articles si vous ne voulez continuer de colporter des imprécisions, à moins que celles-ci ne soient voulues. Quant à vous, Monsieur le Directeur, nous vous proposons de venir quelques nuits à Rouchy et d’y apprécier sa chaleur, son accueil et sa convivialité. Peut-être porteriez-vous un autre regard sur ce lieu qui est sous votre responsabilité.

Publicités

2 réflexions au sujet de « Un article approximatif et orienté »

  1. Pour plus de précisions…
    L’État confond sciemment deux notions fondamentales du Droit le droit au logement et le droit à déposer l’asile; si le premier relève du droit commun interne, le deuxième relève de la compétence du droit européen.
    Le DAL avait obtenu récemment une avancée significative en ce domaine; le Conseil d’état a reconnu le droit à l’hébergement d’urgence comme 22e liberté fondamentale. L’État a une obligation de mettre les gens à la rue, obligation qu’il avait tendance à ignorer ces dernières années !
    Pour ce qui est des demandeurs d’asile cela relève du droit communautaire et il est des obligations incontournables de tout état membre qui sont organiquement liées à ce droit : les conditions minimales d’accueil dont le droit à un logement pérenne et respectant la dignité humaine; c’est ce droit, lié à l’obligation d’asile qui est malmené sinon même ignoré par l’ensemble des préfectures. Nous avions fait condamné la préfecture par le Tribunal administratif sur la question, dès 2009 mais le Conseil d’État faisait de la résistance, refusant de fait, l’application du droit européen pourtant seule compétent en la matière; il a fallu des condamnations de la Cour Européenne des droits de l’Homme et de la Cour de Justice de l’Union européenne pour que la justice française revoit sa copie et ce n’est pas gagné pour autant; le Droit français ne respecte toujours pas le Droit européen en ce qui concerne les demandeurs en procédure prioritaire…
    Le combat y compris juridique continue… et continueras jusqu’à l’abolition des frontières ! -pj49-

  2. erratum : il fallait lire  » l’Etat à obligation d’héberger, en urgence, les gens à la rue  » et non de les  » mettre à la rue « … Mais vous aurez rectifié de vous même.. ! -pj49-

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s